Ce texte, Izkor, est lu dans les synagogues, le jour de kippour, pour évoquer la mémoire des personnes chères qui ne sont plus parmi nous. Sa puissance évocatrice dépasse largement la sphère des juifs, et celle des croyants (traduit de l'hébreu par la communauté libérale). Vous vous souviendrez.
Le souvenir est chose douce.
Le souvenir est chose pieuse.
Le souvenir est chose bénie.
Le souvenir est chose pure.
Le souvenir est chose généreuse.
Le souvenir est chose puissante.
Le souvenir est chose sainte.
Le souvenir est un enseignement de sagesse et un message d'amour. En
veillant sur la mémoire des chers disparus, nous veillons sur le meilleur de
notre pensée. Jamais nous ne sommes plus près de notre être véritable que
lorsque nous sommes près d'eux. De les avoir connus et de les avoir aimés
nous est une élévation.
Le souvenir secoue la poussière du tombeau, le culte des regrets est un
rachat du sépulcre : la vraie mort, c'est l'oubli. A l'heure suprême, ce
leur fut une consolation de s'endormir sur l'assurance d'avoir été davantage
que de simples passants, puisqu'ils devaient trouver le bon asile de notre
coeur qui se remémore et s'enchante de leur nom aimé comme d'une
bénédiction.
Et puis le souvenir, en nous rendant plus saisissantes la brièveté des jours
et la soudaineté des séparations, nous rappelle que le temps nous est mesuré
pour faire le bonheur de toutes celles et de tous ceux que nous chérissons
et qu'un moment viendra où nous nous reprocherons de ne pas les avoir
suffisamment aimés.
Donc hâtons-nous d'envelopper de tendresse toutes celles et tous ceux qui
sont chers à notre coeur. Ne négligeons à leur égard aucune occasion de
bonté et de dévouement : la mort peut nous les enlever d'un instant à
l'autre. Un même cri nous arrive de ceux qui ont déjà franchi le pas de
lumière : «Travaillez à vous rendre meilleurs et à faire autour de vous la
vie plus haute, plus douce et plus belle». |